Hier sur le trottoir, j’ai rencontré,
Un général des armées.
Un vieux général,
En 1930 il était né,
Un 2 avril il m’a précisé.
C’est lui qui m’a abordé,
Il était seul depuis 14 heures.
Il m’a raconté une histoire,
Son histoire peut-être,
Je n’en suis pas sur.
Ca n’a pas d’importance.
Mon général venait de Nice,
Pour la première fois à Paris,
Depuis 33 ans, depuis 33 ans.
Il venait voir des amis,
Je ne sais pas trop,
Je n’ai pas trop compris.
Il faut dire que Mon général est laotien,
Et qu’il a un foutu accent,
Du vocabulaire,
Mais pas de grammaire.
Ces yeux trainaient sur le sol,
Je ne les ai guère croisés.
Il s’appelle Michel,
Ancien général de l’armée française,
Général 4 étoiles il m’a précisé.
Arrivé à la gare de Lyon,
Michel devait se rendre à l’hôtel,
Et y attendre sa famille,
Pour séjourner jusqu‘à mercredi.
Michel, n’est jamais arrivé à l’hôtel,
Il s’est fait agressé,
Par 3 types qui lui ont tout volé.
Des lâches a-t-il précisé.
A l’Hôpital Saint Antoine,
Ils lui ont annoncé,
Que deux doigts ils devaient lui couper.
Mon Général a dit : « Madame, faites votre devoir ! »
Et puis, à 14 heures,
Michel a quitté l’hôpital,
Et il s’est senti seul, dans Paris,
En plein après-midi.
Il n’avait plus d’amis,
Ils sont tous partis.
Un appel en PCV à sa sœur d’Orléans,
Qui lui dit : « Michel,
Il faut que tu parles à quelqu’un
De bonne éducation »
« Tu es de bonne éducation, Jean-Michel » me dit-il.
« J’aimerai garder notre amitié. »
Mon général me raconte qu’en 1954,
Il était à Dien Bien Phu,
Avec Bigeard et je ne sais plus qui.
Peut-être cet homme a du sang sur les mains,
Mais je ne vois qu’un vieil homme,
Avec une veste défraichie,
Et deux vieux insignes épinglés.
Michel me dit qu’il écrit un livre,
De mille cinq cents pages,
Sur le Laos.
J’ai oublié le titre.
Il me l’enverra.
Mon général se raidit,
Lorsque je souris,
Quand il me dit que 4 étoiles il a,
Quand De Gaulle en personne n’en avait que deux.
« Pourquoi rigoles-tu » me-fait-il ?
Alors il m’explique que De gaulle a assassiné Leclerc (3 étoiles !!!),
Que c’est lui qui a mis une bombe dans l’avion,
Qui s’est écrasé.
Concurrent du pouvoir.
Il me raconte également que c’est Mitterand,
Qui a assassiné Bérégovoy,
Que Balladur était au courant.
Mon général est un as du renseignement …
Puis il me reparle d’Orléans,
De sa sœur, médecin,
Je lui demande ce dont il a besoin,
D’un billet de train ?
Il me répond que ce billet coûte 16 euros 80,
Qu’il me les remboursera.
Nous allons chercher de l’argent,
Et je lui tends ce présent.
Michel me donne son adresse,
Me dit qu’il a 4 restaurants à Nice,
Que je suis le bienvenu.
Je lui donne la mienne.
Il me remercie.
Je le remercie de cette rencontre,
de cette heure passée.
Et nous nous quittons,
Après une franche poignée de mains.
Je suis naïf me direz-vous ?
Peut-être, peut-être pas …
Merci mon général.